dimanche 14 mai 2006

Et n'oublions pas la MNEF


Beaucoup de nouveaux étudiants entrés à l'Université cette année ne connaissent pas ce qu'a été la MNEF.
Il serait donc bon ici de rappeller ici les détails de ce dossier pour les récents inscrits, ou pour ceux qui auraient déja oublié.

La MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France) fût créée en 1948, pour gérer l'entrée des étudiants dans un système de sécurité sociale propre qui vennait d'être créé. Elle a été créé à l'initiative et avec le total soutien de l'UNEF, qui gérera la mutuelle pendant un quart de siècle, et qui sera dissoute en 2000 suite à des dérives de gestion très graves.

On appellera ce dossier le "scandale de la MNEF". En effet la MNEF fut utilisée à des fins de financement occulte de partis politiques, de corruption et d'emplois fictifs avec la collaboration de cadres du Parti Socialiste.

Le procès s'est ouvert le 1er Mars 2006 à Paris, pendant la "crise du CPE". On se demandera presque si l'UNEF avait attendu cette date pour lancer le mouvement contre-CPE afin que l'on en parle le moins possible.

Parmis les prévenus, on retrouve Olivier Spithakis (photo plus bas), ancien directeur général de la mutuelle étudiante de 1983 à 1996 et ex-militant trotskiste lambertiste, le deputé PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, l'ancienne conseillère en communication de Jospin, Marie-France Lavarini, ainsi que plusieurs figures de l'UNEF-ID et du mouvement social étudiant des années 1980 et 1990.

Le scandale de la MNEF est l'aboutissement de toute une série de combats politiques occultes visant à s'assurer la suprématie sur l'UNEF-ID (indépendante et démocratique) et la mainmise sur le trésor de guerre que représentait la mutuelle. Ils avaient ainsi opposé entre elles les rocardiens, les mitterrandistes et surtout les trotskistes - Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et Organisation communiste internationale (OCI).

Dans les années 1980, le nombre d'étudiants avait explosé et, avec lui, les dotations de la Caisse nationale d'assurance-maladie aux mutuelles qui avaient reçu délégation de gérer la Sécurité sociale étudiante. L'UNEF-ID fut ainsi un allié indispensable pour la MNEF.

En échange, la MNEF servit de réservoir politique sous forme notamment de nominations au conseil d'administration de la mutuelle. Ainsi , sur la liste des personnes payées par la MNEF - donc sur fonds publics dans des emplois qualifiés de fictifs et évalués par la police pour la période en cause à 15 millions de francs - figure donc le ban et l'arrière-ban de ce qui fut appelé la génération Mitterrand.

Parallèlement, la MNEF n'hésita pas à reprendre les méthodes qu'elle dénonçait chez ses adversaires libéraux et créait des "filiales" et de "holdings".

La corruption se faisait à travers la rémunération de dirigeants de SOS-Racisme, de permanents syndicaux FO, du président de l'UNEF-ID, d'une assistante parlementaire ou encore d'un membre officieux d'un cabinet ministériel.
Les dérives sont nombreuses et les cotisations des étudiants servent aussi à dispenser des prodigalités aux proches des dirigeants ou pour assouvir des passions personnelles comme les chevaux de course.

La MNEF comptait 677 000 étudiants affiliés, et gérait 1,16 milliard de francs de prestations liées au régime obligatoire de la "Sécu".


Réactions diverses

«Les pouvoirs publics nous ont demandé de monter des opérations pour leur compte alors que cela ne relevait absolument pas de nos prérogatives.»
Olivier Spithakis (photo à droite)

«Je démens catégoriquement ces allégations».
Dominique Strauss-Kahn, alors futur ex-ministre de l'Economie et des finances

Il n'y a «aucun financement croisé» entre le PS et la MNEF
François Hollande, premier secrétaire du PS

Seul commentaire de l'entourage du Premier ministre à l'issue du tête-à-tête Jospin - Strauss-Kahn : «On ne vous dira rien.»
Libération du 1er novembre 1999

"Le rapport de la Cour des comptes sur la MNEF
Le cas du directeur général, Olivier Spithakis, est également abordé. Ce dernier perçoit un traitement de 697 230 francs annuels (+ 19 % en cinq ans) et 130 000 francs de frais de déplacement.
Une clause de son contrat l'autorise de surcroît à "exercer toute autre activité sans limite et sans avoir à en rendre compte". Correspondant à des rémunérations dans des filiales ou des mutuelles soeurs, mais aussi à des activités personnelles dans l'immobilier, elle lui a permis d'augmenter ses émoluments d'un peu plus de 30 %."
Le Monde du 23 septembre 1998

"Nous rémunérions, par exemple, David Rousset, actuel numéro deux de la MNEF, pour le suivi du partenariat entre notre mutuelle et l'UNEF."
Olivier Spithakis, entretien dans Le Monde du 24 mai 1999


La relève de la MNEF : la LMDE

Suite à cela, la LMDE (La Mutuelle Des Étudiants) est créée par l'arrêté du 28 avril 2000, qui lui confére le droit de gérer la sécurité sociale étudiante sur tout le territoire français.
C'est celle-ci qui est proposée aux étudiants en remplaçement à la MNEF, dirigée entre autres par une ex-équipe ayant travaillé dans cette dernière.

Comme toute mutuelle, elle possède une Assemblée Générale où siègent plus de 200 délégués élus par les adhérents, les éléctions de ces délégués ont lieu tous les 3 ans par correspondance.

A l'heure actuelle, l'ensemble des délégués à l'AG et des administrateurs sont issus des listes UNEF. Les élus des listes K RIB'IN PROGRESS (Guyane & Guadeloupe) n'ayant pas souhaité siéger à l'AG et ayant donc démissionné, et les élus AFGES et FEDEB ont démissionné à la suite de l'AG de Montpellier en juin 2005.

L'Unef est donc representée à presque 100% lui laissant donc le monopole de la LMDE et le plaisir de faire appliquer les décisions qu'elle désire sans contradictions.
Je vous invite à lire le communiqué de l'AFGES et FEDEB en cliquant dessus.

Esperons que nous ne serons pas étonnés dans quelques années si de nouvelles dérives visant à détourner l'argent des étudiants se réalisent.


extrait du résultat des élections de 2005
consultable entièrement ici


Pour ceux qui souhaitent d'avantage s'informer sur ce dossier, je les invite à prendre connaissance du rapport de la comission d'enquête sur la MNEF publiée sur le site de l'Assemblée Nationale cliquez ici



Sources : Rapport de la commission d'enquête, Wikipedia, Libération, Le Monde, ce site, site de la LMDE, résultats des élections 2005, article sur le procès du 1er Mars 2006 ...

dimanche 7 mai 2006

Parlottes autour du CPE à la radio

Voilà de quoi se reposer entre la relecture de quelques cours.
Le 20 Mars dernier, l'émission de libre antenne "Maurice Radio Libre" avait pour thème le Contrat Première Embauche, puis rapidement le débat en est arrivé aux dérives de ce mouvement anti-CPE. Les interlocuteurs n'étaient autre que des auditeurs avec leurs propres opinions.

Par ici pour écouter.
Attention le Real Player est necessaire (gratuit
ici)

Ce blog est totalement indépendant de l'administration de Lyon III et ne reflète en aucun cas de quelconques prises de position de cette Université.