lundi 8 janvier 2007

A Lyon aussi, nous avons notre campement.

Le grand camping hivernal organisé par les médiatiques "Enfants de Don Quichotte" a pris place il y a quelques jours sur la place Bellecour ici à Lyon.

Evidemment nous nous sommes intéressé à ce mouvement dit "apolitique" (ça devient une mode) afin de voir comment une telle association puisse s'imposer face à celles déjà existantes qui sont pour le coup méprisées sur leur travail.

Le concept est assez simple et consiste à créer un gigantesque coup de pub en alignant un bon nombre de tentes en pleine ville censées accueillir des SDF, de préférence là où un maximum de curieux passent. Plutôt que venir renforcer et aider les associations présentes comme la Fondation Abbé Pierre et aider ceux qui hébergent et nourrissent les plus pauvres, nos "Enfants de Don Quichotte" préfèrent emboîter le pas en proposant un grand rassemblement en plein air et en période de froid.

Pour gonfler artificiellement le nombre de tentes, cette association permet à des gens "bien logés" de venir passer une nuit aux côtés des sans-abri, pour "comprendre ce que ça fait". Faudrait-il par la même occasion se faire violer pour mieux comprendre cette atrocité, arrêter de boire et manger pour mieux parler des souffrances du tiers-monde ?

Le comportement des "bien logés" qui viennent dormir sous ces tentes est dérangeant dans la mesure où ces derniers ressortent tels des héros modernes, pouvant conter aux collègues de bureau l'exploit de la veille tout en se sentant pour le coup fier de cette action.
Mais pour régler ce problème qui traîne depuis trop longtemps ce n'est pas de compassion stérile dont nous avons besoin, mais de courage.

Il est évident que tout cela reste délicat, et pendant que la gauche vient nous donner des leçons de morale, la société immobilière "La Sapinière" ayant pour gérants François Hollande et (Marie-) Ségolène Royal et au capital de 914.694 Euros continue de jouer sur la spéculation du logement sur Paris. Auront-ils le courage de mettre réellement les mains dans la mécanique avec les moyens qu'ils disposent ?
Pour le coup, les défenseurs du partage des richesses font attention à ce qu'ils disent, tout en profitant de l’évènement médiatique.

Ici sur Lyon, la soixantaine de tentes prend place non loin de la grande roue de Bellecour, la municipalité aura même fourni un barnum.

Nous nous sommes inscrit sur le forum des Don Quichotte pour voir ce qui se dit de l'intérieur. Après avoir posé une question concernant le droit à l'image des sdf photographiés sur le campement et une autre sur l'occupation des "bien logés", nous avons eu la surprise de nous faire traiter de fachos et de "keufs" (voir ici en page 1 & 2), belle ouverture d'esprit !

Car il ne faut pas s'y tromper, derrière ce bouclier apolitique, ces enfants de Don Quichotte roulent pour la gauche.
Le campement est infesté de militants d'extrême gauche : CNT, LCR, anarchistes en tous genres et en quête d'autogestion sont bien là au cas où une éventuelle révolution s'y prépare. Mais en attendant, c'est bien évidemment alcool à gogo.

Sur les 65 tentes, combien servent-elles réellement à des sans-logis ?
Pourquoi lancer cette action à la veille des présidentielles en s'attaquant à l'actuel gouvernement ?
Apolitisme, tu es parfois si facile à démasquer...

Et pendant ce temps, chez Quechua on se frotte les mains !

ps : Jettez donc un coup d'oeil aux groupes dont fait parti le compte Dailymotion des "Enfants de Don Quichotte" ici .

8 commentaires:

  1. Impec cet article, et tellement vrai en plus, ok ça aide certains SDF, mais dire que les Enfants de Don Quichotte sont apolitique, c'est vraiment se foutre de la gueule du monde, donc si c'est pour se donner bonne conscience, autant rien faire, c'est lamentable d'en arriver là.

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  2. J'ai lu avec attention votre article, et je voudrais vous faire part de plusieurs remarques.
    Tout d’abord, vous confondez le "statut apolitique" de l'association les Enfants de Don Quichotte, avec les "biens logés" qui participent aux campement et qui sont effectivement plus de gauche!
    Mais cela ne fait pas de Don Quichotte, une association de gauche, en effet l’association n’a jamais refusé d'être reçu par un élu de Droite, et de discuter avec lui, de plus la Charte à été signé par Christine Boutin (UMP), ou encore François Bayrou (UDF)! Alors dire qu'il roule pour la gauche, c'est un peu gros, de plus que côté logement, je désespère du long silence de la candidate du parti socialiste et du manque d’action dans ce domaine sous le gouvernement Jospin!
    Vous nous dites, je cite "Plutôt que venir renforcer et aider les associations présentes comme la Fondation Abbé Pierre et aider ceux qui hébergent et nourrissent les plus pauvres". Premièrement, la fondation Abbé Pierre, Emmaüs, et le Secours Catholique ont apporté leur soutien à l'action. Mais les bénévoles ne manquent pas dans ces associations, le problème n'est pas là. Le problème est que ces associations, se sont peu à peu "institutionnalisé", c'est-à-dire qu’elles ont pris la place de l’état faute d’action de celui-ci ! Emmaüs, a aussi également en son temps rendu son action visible par la médiatisation et en déclenchant un sentiment compassionnel, « Après les ravages de la guerre de 1939-45, les rigueurs de l’hiver 1954 tuent. Dans ce contexte de grave pénurie de logements, l’abbé Pierre lance son célèbre appel, « Mes amis, au secours », sur les ondes de Radio Luxembourg ; il déclenche « l’insurrection de la Bonté » et influence fortement les pouvoirs publics. Un immense mouvement de solidarité naît. Les jours suivants voient la création de nombreuses structures au sein d’Emmaüs : HLM Emmaüs, Association d’Emmaüs et Confédération générale du Logement puis, SOS Famille Emmaüs en 1967. » (Site d’Emmaüs, rubrique Historique)

    Mais pour revenir sur le phénomène Don Quichotte, c'est évidemment un "coup médiatique" qui à fait rentrer le problème des SDF et plus généralement la problématique du logement dans la campagne ! Mais, cela fait parti du jeu politique, en effet en cette période électorale, on peut parler de « lobbying des grands problèmes », par là je veux dire que chaque cause tente d’influencer le débat, à se faire entendre. A tour de rôle, s’est la question de l’environnement, du logement, des pensions des anciens combattants coloniaux, …qui est mis en avant, et cela toujours (et malheureusement) grâce à une mode médiatique ! Comme l’explique de nombreux sociologues, on est dans une société de la compassion et donc le politique réagit sur un problème parfois très anciens, au fur et à mesure que se succèdent les modes compassionnelles. Ainsi, il fallu un film (Indigène), pour que soit en partie réglé le problème des pensions des anciens combattants coloniaux, il fallu un Nicolas Hulot pour que l’environnement soit un thème de la campagne présidentielle, et il fallu des 100 tentes alignés le long d’un canal pour que les politiques s’intéressent à la problématique du logement.

    Ce qui fait qu’aujourd’hui, la gouvernance de ce pays droite et gauche confondus, est une gouvernance à courte vue, c'est-à-dire, qui se penche sur des problèmes que lorsqu’ils deviennent voyant médiatiquement. On peut vraiment parler, de marketing social, pour les Enfants de Don Quichotte, une véritable équation médiatique : un porte parole, plutôt rebelle- belle gueule + 100 tentes le long d’un quai dans la capitale + une période propice, Noël + une ou deux stars + plus un effet de mode + une campagne présidentielle = bruit médiatique = émotion de la population = action politique ! Voilà l’équation de l’action politique d’aujourd’hui, et malheureusement cette action politique de l’urgence aboutit à beaucoup de promesses et peu de mesures concrètes.

    Les Enfants de Don Quichotte, ont donc utilisé pleinement cette équation, et consciemment, car si elle s’était simplement contenté de créer un énième association d’hébergement et d’aide au SDF, l’impact n’aurait pas été le même. Maintenant, je pense personnellement que les personnes qui été sur le campement n’été pas que des bobos, en mal d’aventure humaine à la télé-réalité ! Enfin, tout cela pour dire, que le problème du logement est aujourd’hui bien réel et pour tous les Français, ainsi je comprend l’inquiétudes des propriétaires qui ont peur de louer parce qu’ils n’ont pas assez de garantie et de protection en cas de loyers impayés, se serait caricatural de les décrire comme les méchants dans cette histoire !

    Mais ce qui m’inquiète c’est que beaucoup des SDF sont des travailleurs réguliers et certain même en CDI, et qu’aujourd’hui en France, 1 français sur 2 craint de devenir un jour SDF. Alors qu’en j’entend réquisition, je ne saute pas au plafond car il s’agit de réquisitionner les immeubles détenus par des sociétés privés, des banques, des fonds de pensions et non pas les propriétaires individuels comme veulent le faire croire certains.

    Mais avant toutes ces mesures sur le domaine privé, parlons des 137 000 logements dits « de fonction » sont directement gérés par les ministères et dont 20% sont inutilisés qui devrait être réquisitionné avant tout afin de les transformer une partie de ces logements, pour en faire des logements sociaux et en réservant une autres partie pour loger les agents de la fonction publique les plus modeste.

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  3. [Mais pour revenir sur le phénomène Don Quichotte, c'est évidemment un "coup médiatique" qui à fait rentrer le problème des SDF et plus généralement la problématique du logement dans la campagne ! Mais, cela fait parti du jeu politique, en effet en cette période électorale, on peut parler de « lobbying des grands problèmes », par là je veux dire que chaque cause tente d’influencer le débat, à se faire entendre. A tour de rôle, s’est la question de l’environnement, du logement, des pensions des anciens combattants coloniaux, …qui est mis en avant, et cela toujours (et malheureusement) grâce à une mode médiatique ! Comme l’explique de nombreux sociologues, on est dans une société de la compassion et donc le politique réagit sur un problème parfois très anciens, au fur et à mesure que se succèdent les modes compassionnelles. Ainsi, il fallu un film (Indigène), pour que soit en partie réglé le problème des pensions des anciens combattants coloniaux, il fallu un Nicolas Hulot pour que l’environnement soit un thème de la campagne présidentielle, et il fallu des 100 tentes alignés le long d’un canal pour que les politiques s’intéressent à la problématique du logement.]

    Mon cher Geoffrey Livolsi, ton discours est bien beau, mais c'est surtout sur ce paragraphe là (celui entre crochets plus haut), qu'était le but de l'article "A Lyon aussi, nous avons notre campement" et non pas sur le reste. De plus la caricature le montre bien, c'est bien les Enfants de Don Quichotte que l'on a cherché à viser ici (avec leur logo dessiné sur un des membres de l'association), heureusement d'ailleurs qu'ils acceptent d'être recu par un élu de droite, sinon cela ferait une bien mauvaise pub, et leur statut d'"apolitiques" perdrait toute sa crédibilité.

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  4. On dirait qu'il est assez difficile d'avoir un avis critique sur les Don Quichotte.
    Les gens pensent que si on critique ce mouvement, on crache sur les sdf, ce qui est loin d'être le cas.

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  5. Cet article démontre bien que ce ne sont pas les gens de droite qui s'inquiétent du sort des plus démunis.

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  6. Voila une personne qui n'a pas lu le commentaire juste avant le sien.
    Desolé les mecs mais vous n'avez pas le monopole sur ce sujet.
    Votre tolerance legendaire n'est qu'une legende, un peu comme le pere noel.

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  7. soyez sympas les mecs
    vous voulez pas qu'on vienne ici vous polluer?
    alors venez pas polluer le forum des enfants de don quichotte svp
    Avec vos caricatures reloux, et vos blagues à 2 balles
    ok?

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  8. Excuse nous de chercher le débat et de comprendre, pierre.

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