mercredi 22 août 2007

Arrestation d'une ex-membre des Brigades Rouges en France

Une ancienne membre des Brigades rouges italiennes, Marina Petrella, réclamée par les autorités de Rome, a été interpellée mardi dans le Val-d'Oise et placée mercredi sous écrou extraditionnel après vingt ans de cavale.

Mme Petrella, 53 ans, a été arrêtée mardi à Argenteuil lors d'un contrôle routier et présentée mercredi au parquet de Pontoise qui l'a incarcérée en attendant une éventuelle extradition, à la suite d'une demande d'arrestation provisoire délivrée par les autorités italiennes.

Marina Petrella a été condamnée le 6 mars 1992 en son absence par la cour d'assises d'appel de Rome à la réclusion à perpétuité pour avoir tué un commissaire de police et grièvement blessé son chauffeur, à Rome en 1981, ainsi que pour séquestration d'un magistrat, vol avec arme et attentats. Sa condamnation est devenue définitive le 10 mai 1993.

Arrêtée en décembre 1982 en compagnie de Luigi Novelli, ex-chef de l'aile "militariste" des Brigades Rouges (BR) qu'elle a épousé en prison en 1983, Marina Petrella avait été remise en liberté sous contrôle judiciaire en 1986, au terme de la durée de détention provisoire autorisée à l'époque. Elle s'était enfuie en France et "résidait dans le Val-d'Oise depuis longtemps", selon une source judiciaire.

Elle fait partie des douze anciens militants d'extrême gauche condamnés pour crimes de sang en Italie, dont Rome avait demandé l'extradition à la France en octobre 2006.

Tous étaient présumés réfugiés en France après avoir été lourdement condamnés par la justice italienne pour participation à des attentats visant des personnes durant les "années de plomb".

Parmi eux figurait Cesare Battisti, finalement arrêté le 18 mars dernier à Rio de Janeiro (Brésil).

Si Marina Petrella refuse son extradition, il appartiendra à la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles de trancher et de se prononcer sur la validité juridique des pièces fournies par les autorités judiciaires italiennes, a précisé le ministère français de la Justice.

"Ce dossier est traité par la France sur le plan judiciaire comme toute autre demande d'extradition classique", a assuré la Chancellerie.

Si elle est validée par la chambre de l'instruction, la procédure d'extradition peut encore être contestée devant la Cour de cassation. Dans le cas où la plus haute autorité judiciaire confirmait l'extradition, il reviendrait au Premier ministre de signer le décret d'extradition, qui peut être attaqué devant le Conseil d'Etat et éventuellement la Cour européenne des droits de l'Homme.

Cette procédure avait été appliquée à Cesare Battisti, ancien activiste du mouvement des "prolétaires armés pour le communisme" qui avait trouvé refuge en France dans les années 1990, au bénéfice de ce qui a été nommé la "jurisprudence Mitterrand".

L'ancien président de la République avait pris l'engagement en 1985 de ne pas extrader ces personnes à condition qu'elles renoncent à la violence, excluant toutefois les auteurs de crimes de sang. Cet usage non écrit a tenu jusqu'en août 2002, lorsqu'une première extradition a frappé l'un de ses bénéficiaires, Paolo Persichetti.

Les Brigades Rouges (BR) ont été l'un des principaux acteurs des "années de plomb" (1970-1980) en Italie. L'apogée de leur action a été l'enlèvement et la détention pendant 55 jours, puis l'assassinat de l'ancien chef du gouvernement et leader de la Démocratie-Chrétienne Aldo Moro, en 1978.

Dans les années 70-80, le terrorisme d'extrême gauche et d'extrême droite a fait plus de 400 morts en Italie.

(AFP)

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