dimanche 16 mars 2008

Lyon III : chronique d'une affaire révisée

L'accueil réservé au «Rapport sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin» (Lyon III) confirme le diagnostic que porte son auteur, l'historien Henry Rousso, sur les polémiques médiatiques consacrées depuis vingt ans à cet établissement souvent qualifié de «fac facho» ou de «repaire de nazis».
Depuis sa publication, le contenu de ce rapport, commandé en 2001 par Jack Lang au directeur de l'Institut d'histoire du temps présent, n'a fait l'objet d'aucun compte rendu dans la presse nationale. Ce silence se comprend à la lecture de ce copieux rapport, qui constitue un véritable ouvrage d'histoire du présent, aujourd'hui en librairie (Le Dossier Lyon III, Fayard).
Critiquant «une manière d'informer et de désinformer» sur les affaires (Faurisson, Roques, Notin, Plantin) qui se sont succédé à Lyon, il relativise les slogans militants - souvent directement relayés par la presse - qui ont fait la chronique simpliste de contentieux complexes.

La création de Lyon III, en 1973, n'est pas le fruit d'un complot d'extrême droite, mais d'un groupe d'universitaires de droite qui ont réussi à en faire une université reconnue, hétérogène, mêlant filières professionnelles et langues rares, enseignants de droite et de gauche.

«Mauvaises habitudes»

Si cette enceinte fut accueillante pour l'extrême droite et divers rescapés du colonialisme ou du nationalisme breton, ses représentants n'ont jamais dépassé la douzaine sur plus de 300 enseignants, les élections étudiantes attestant par ailleurs de leur très faible influence. Les cas de négationnisme, très différents, ne résultent pas d'une stratégie commune ni, hormis l'affaire Roques, de «complots».

Lyon II («de gauche») est autant concernée que Lyon III et, surtout, le cas Plantin illustre le ressort de beaucoup de ces affaires: une misère universitaire devenue routine. Les deux mémoires de cet étudiant négationniste ont été conduits et validés par des enseignants de gauche ou militants antinégationnistes!
Sont donc en question les «dysfonctionnements de l'université»: la «légèreté ou l'hypocrisie de certaines pratiques: signatures en blanc de procès-verbaux, jurys fictifs ou partiels, appréciations de complaisance», ainsi que la volonté de «ne pas décourager ou vexer les étudiants» dont on ne lit parfois même plus les travaux.

Ces «mauvaises habitudes universitaires» sont pain bénit pour les négationnistes. Mauvaises habitudes aussi que l'omerta des nominations, car le plus scandaleux dans le recrutement de certains enseignants d'extrême droite à Lyon III (avec l'aval du Conseil national des universités) ne tient pas à leurs idées, mais à leur médiocrité ou leur absence de titres.

Mauvaise habitude enfin que l'incapacité des universités à se servir de l' «autonomie» dont elles sont si fières et des pouvoirs dont elles disposent pour évaluer et sanctionner leurs enseignants. Le fait même de commander un rapport à un expert extérieur pour comprendre ce qui se passe depuis trente ans confirme cette entropie institutionnelle.

Parmi tant de détails choquants, le contribuable apprendra dans le rapport Rousso qu'il a participé au financement des «recherches personnelles» de Robert Faurisson, payé mais déchargé de toute obligation de service pendant plus de dix ans.


Par Eric Conan, l'Express, 8/11/2004

6 commentaires:

  1. jolie merci pour les infos, le prix de ce "bouquin"? stpmerci fac libre

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  2. Gratuit et en PDF sur le site du Ministère de l'Education Nationale :

    ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/rapport/rapport_rousso.pdf

    (fais un copier/coller de l'adresse)

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  3. t trop chénial merki

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  4. C'est faux, la presse locale et nationale a fortement commenté ce rapport lors de sa sortie début octobre 2004.
    Il est vrai qu'en dérapant a peine quelques jours après la sortie du Rapport Rousso, Bruno Gollnisch a mis fin à cette publicité.
    Il est tout de même drôle de voir à quel point chacun lit dans ce rapportce qu'il veut. C'est selon moi un rapport qui charge lourdement (mais de manière justifié) les dirigeants de Lyon 3 et surtout Jacques Goudet, ancien président de Lyon 3 et membre duSAC et de l'UNI.

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  5. sais pas g pas fini de le lire...

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  6. Lyon 3 est la seule université lyonnaise à avoir des couleurs politiques ces valeurs politiques sont des valeurs de droite et nationaliste (extrême droite)Bruno Gollnisch (FN) n'a pas choisis d'enseigner à Lyon 3 pour un rien ...

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